La colonie artistique

Bourron-Marlotte doit sa renommée surtout pour les artistes qui sont passés dans le village 

Quatre périodes peuvent être distinguées :

 

1822-1850 :c'est l'époque des précurseurs : Caruelle d'Aligny, Jean-Baptiste Corot. Leurs séjours se partagent d'abord entre Barbizon, Chailly et Marlotte. Ils s'attardent un peu plus chaque année dans ce dernier lieu et finissent par s'y installer au moins pour un temps. Eugène Cicéri les rejoindra en 1848; il peut être considéré comme l'un des fondateurs de la colonie artistiques de Bourron-Marlotte puisqu'il y resta jusqu'à sa mort en 1860.

 

1850 – 1870 :C'est la première grande période, celle des rapins barbus et bohèmes. Les auberges Saccault et Antony, ouvertes depuis peu, résonnent de discussions animées, de chants et de plaisanteries. Cette effervescence est due à Henry Murger, cet animateur infatigable qui fut le plus ardent propagandiste du village. « Avez vous vu Marlotte? » aimait'il à demander dans les cercles artistiques et littéraire qu'il fréquentait. Dans son sillage, il entraîne des écrivains comme Théophile Gautier, Alfred et Paul de Musset, Théodore de Banville, Alphonse Daudet, des peintres : Sisley, Monet, Bazille, Pissarro, Cézanne, Auguste Renoir qui peindra le Cabaret de la mère Antony.

 

1871-1914 : deuxième grande période, l'auberge Saccault a disparu et celle de la mère Antony végète, concurrencée par l'auberge puis hôtel Mallet. La population artistique a changé « on ne voit plus guère de rapins bohêmes de style 1860. moins de barbus et beaucoup plus de Légions d'honneur....médaillés de Salons ».

La plupart des artistes vivent en permanence à Marlotte, ils y ont leur maison et l'on voit toujours les verrières des ateliers qu'ils ont fait aménager. Ce sont Eugène Cicéri, Charles Olivier de Penne, Charles Delort, Giuseppe Palizzi, Henri-Joseph Harpignies, Auguste Allongé, Armand Point, Armand Charnay, Arthur Heseltine. La céramique d'art eut aussi droit de cité à Marlotte au début de ce siècle avec l'atelier Bézard et Mousseux. Des écrivains et des poètes fréquentent ces lieux : François Coppée, Émile Zola qui écrivit l'Assomoir à l'auberge Antony, Jules Renard, les frères Goncourt et les frères Margueritte. Des musiciens également dont Ernest Reyer et Isidore Mendels sont les plus marquants.

 

Après 1914 :

La présence des artistes peintres s'estompe quelque peu et une place plus importante est prise par la musique, la littérature et un nouveau venu, le cinéma.

La villa « la chansonnière », sous l'impulsion de Magda Tagliaferro et Jules Boucherit, devint un temple de la musique fréquenté par des artistes réputés : Alfred Cortot, Jacques Thibaud et d'autres célèbres violonistes : Ginette Neveu, Denise Soriano, Michel Schwalbé, Lionel Gali. Tout ceci fit écrire que Marlotte était une « cité du violon ».

La littérature est réprésentée par Gustave Lanson, directeur de l'Ecole Normale, la critique d'art par Charles Moreau Vauthier et l'histoire par Gustave Bloch, l'archéologie par Gustave Fougères directeur de l'école d'Athènes et Georges Feuardent, égyptologue.

Le cinéma tient une grande place dans cette période avec Jean Renoir qui résida près de 20 ans à Marlotte et u tourna son premier film « La fille de l'eau ». Jacques Becker, qui fut l'assistant de Jean Renoir, vint souvent à Marlotte ainsi que Valentine Tessier et Eric Von Stroheim qui habita d'ailleurs quelque temps à l'orée de la forêt. De très nombreux films ont été en partie tournés à Bourron-Marlotte ou dans ses environs immédiats : La Petite Marchande d'Allumettes (Jean Renoir), L'argent (Marcel L'Herbier), Le roman de Werther (Max Ophuls), Une partie de campagne (Jean Renoir), J'attends Quelqu'un etc (Jérôme Bonnell)....